Une expérience en laboratoire
Nous allons dans cette partie décrire un laboratoire de datation, tel qu'il en existe plusieurs dans le monde. Nous tenons à remercier le C.D.R.C pour leur aide à la réalisation de cette rubrique. Le laboratoire du C.D.R.C se divise en six parties distinctes, que nous décrivons ci-dessous.
La salle de réception des échantillons 
Les échantillons reçus par les laboratoires sont nombreux, et il nécessaire de disposer d'une salle pour tous les entreposer sans danger. Dans cette pièce l'on peut trouver du charbon de bois, des os pour l'archéologie, des tourbes et des coquillages pour la géologie du quaternaire, ou même des huiles essentielles, produits chimiques divers, alcools, vinaigres pour les différentes expertises.
La salle de nettoyage des échantillons 
Tous les échantillons reçus par le laboratoire ont une très longue histoire, et contiennent forcément beaucoup trop de matières qu'il est nécessaire de nettoyer : les carbonates, les matières humiques sont ainsi enlevés, et l'échantillon est alors prêt à brûler. Les nombreuses paillasses de la salle sont couvertes de divers bocaux entreposés depuis parfois plusieurs semaines, qui reposent et se "lavent". La taille des échantillons est très variable, cela va des quelques milligrammes du grain de blé, aux quelques grammes du charbon de bois, ou même aux kilogrammes du fémur ou du tibia humain.
Une expérience de datation (Physique 1reS Bordas)
Il faut savoir que cette phase de préparation est fondamentale dans la mesure de datation. Si elle est mal effectuée par le laboratoire, toutes les mesures peuvent être faussées.
Les salles de combustion et de synthèse chimique 
Une fois sortis de la salle de nettoyage, les échantillons sont parfaitement propres, et le carbone 14 qui les compose est prêt à être extrait pour réaliser les expériences. Les diverses étapes de séparation varient selon le poids des éléments, il faut donc disposer du matériel adéquat, ou alors travailler avec d'autres laboratoires du monde entier disposant du matériel nécessaire.
Les salles de combustion et de synthèse chimique (CDRC)
Par exemple, pour les petits échantillons, voici le protocole explicatif de la séparation du carbone 14 (d'après une parution du CDRC) :
On le place dans un tube de quelques centimètres contenant de l'oxyde de cuivre. L'échauffement de ce minéral à plusieurs centaines de degrés, libère de l'oxygène qui transforme en gaz carbonique tout le carbone de l'échantillon. On nettoie ce gaz en le faisant passer dans plusieurs tubes de nettoyages sur le banc, et, en fin d'opération, on l'amène dans une ampoule qui est scellée au chalumeau. Cette ampoule sera ultérieurement envoyée à un accélérateur de particules (le Centre de Lyon travaille avec les accélérateurs d'Oxford et de Groningue), grosses machines de physique, qui après accélération des ions, peuvent séparer le Carbone 14 des deux autres isotopes de carbone, le Carbone 12 et le Carbone 13. Cette manière de mesurer la teneur en radiocarbone a été développée dans plusieurs pays dont la France (au laboratoire de Gif-Sur-Yvette, il y a une quinzaine d'années).
La salle de comptage et la salle de calculs 
Le carbone 14 est présent en très faible quantité dans les corps organiques. C'est pourquoi il est très difficile de réaliser le calcul avec précision, à moins de disposer d'appareils de haute technologie comme c'est le cas à Gif Sur Yvette, laboratoire qui compte actuellement plus de 8 détecteurs !
Ainsi dans un appareil spécial, il faut disposer précisément 3,520g au milligramme près de benzène préparé à partir de l'échantillon. On y ajoute une petite quantité de produit organique qui permet de détecter chaque désintégration de carbone par un petit éclair de lumière déclenché par la particule émise. Cet éclair lumineux est ensuite transformé en impulsions électriques et peut être interprété par les ordinateurs et le compteur qui accumule toutes ces informations, pour calculer ensuite précisément l'âge de l'échantillon, au bout de quelques jours de prise de données.
La salle de comptage et la salle de calculs (CDRC)
Tous les âges des échantillons sont ensuite mis à disposition de toute la communauté scientifique française sur le minitel, afin que les archéologues puissent constamment disposer de ces informations. Chaque mois ce sont une soixantaine de datations qui sortent du laboratoire, la base de données constituée depuis 15 ans est donc gigantesque !
La bibliothèque et le secrétariat 
Tous les laboratoires publient régulièrement des documents explicatifs et mettent ainsi leur savoir à disposition des scientifiques du monde entier. Le secrétariat permet quant à lui de gérer les nombreuses demandes de datation reçues par le laboratoire.
En conclusion 
Nous voulions à travers cette rubrique montrer le fonctionnement d'un laboratoire de datation, ici le CDRC de Gif Sur Yvette que nous remercions d'ailleurs chaleureusement, afin d'expliquer les différentes étapes de préparation et de datation des échantillons. Nous n'avons malheureusement pas pu nous y rendre, du fait du refus du lycée de prendre en charge ce type de voyage. Ce fut pour nous une très grosse déception, car visiter ce laboratoire aurait pu être une formidable expérience.
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